Hier, direction le sud de l’île pour aller admirer de nos yeux ce coin qui se trouve sur les cartes postales de la Martinique, ce petit bout de rocher dépassant de l’eau d’environ 175 mètres : le rocher du Diamant. Il doit son nom à sa forme rappelant celle de la pierre précieuse, taillée en facette et aux couleurs qu’il reflète à certains moments de la journée.
Celui-ci fut le théâtre du conflit franco-britannique du début du XVIIIè siècle lorsque les deux puissances cherchaient à contrôler les Antilles. Les britanniques, sous le commandement du contre-amiral Samuel Hood, s’emparèrent de l’îlot et le fortifièrent. Pendant plus de 17 mois, cette occupation leur permit d’effectuer un blocus sur la baie de Fort de France. Petite anecdote, le rocher était considéré, par la Royal Navy, comme… un navire : le HMS Diamond Rock.
Le 31 mai 1805, une flotte franco-espagnole attaqua le rocher. Pendant 3 jours et 3 nuits, les britanniques défendirent leur position avant de se rendre, se retrouvant à cours d’eau et de munition, leur bateau de ravitaillement ayant été intercepté.
Le rocher du Diamant donne son nom à la ville qui lui fait face. La mer des Caraïbes baigne l’anse du Diamant et elle est plus agitée que les anses Dufour, Noire ou des Salines. Les courant sont d’ailleurs assez dangereux et il est conseillé de rester là où on a pied, c’est-à-dire pas très loin du rivage car c’est la mer des Caraïbes, pas de plateau continental mais une descente assez rapide du fond marin.
Les couleurs de la mer sont magnifiques : un dégradé de bleus exceptionnel avec au loin un bleu sombre qui se change en turquoise à l’approche du rivage. Les vents qui soufflent nous donnent suffisamment d’air pour rendre agréable le soleil qui brille de tous ses feux. On visite aussi le Mémorial Cap 110, constitué de 15 statues de deux mètres et demi de haut, tourné à 110° vers le Golfe de Guinée. Ce mémorial rappelle la tragédie du 9 avril 1830, lorsqu’un navire de traite clandestine transportant plus de 300 esclaves sombra au large de l’anse Caffard, au nord du Diamant. Seuls 86 d’entre eux survécurent, secouru par M. Dizac qui avait compris que le navire allait se fracasser contre les rochers et avait tenté d’avertir son capitaine.
Ensuite, nous allons voir la maison « du bagnard », une maisonnette aux couleurs vives (jaune et bleu) dans laquelle on imagine mal qu’un homme ait vécu mais malgré son état assez malheureux, elle dégage un charme pittoresque.
Nos estomacs se rappellent à nous et nous nous mettons en quête d’un endroit pour se nourrir. On tombe sur un snack de plage et on se dit qu’on peut le tenter. Et on a bien fait : punch coco maison, cocktail de fruit rafraichissant, accras excellents et deux assiettes énormes en plat. Pour couronner le tout, une bonne banane flambée. Le bonheur avec en plus, une vue sur l’anse du Diamant et son eau magnifique.
Aujourd’hui, après le Diamant à la pointe sud de l’île, nous allons complètement de l’autre côté, à la pointe septentrionale de la Martinique : direction Macouba (Macouba, tu danses tous les soirs…).
Blague à part, on se met en route pour arriver sur place où il n’y a rien… Du coup on continue jusque Grand’Rivière, on sait que le début de la ballade de 6h avait lieu là. A part la vue sur l’océan à perte de vue et sur plus de 180°, rien, nada ! Pas grave, il reste JM, la distillerie. Une sixième et oui, que voulez-vous j’ai la meilleure femme du monde :-D
Bon par contre, à la base, c’est pas celle-là que j’aurais choisi : je garde un souvenir assez médiocre de leur rhum, mais c’était aussi au début de la période à laquelle je m’y intéressais. L’accès est assez facile et l’on arrive à la distillerie, toute de rouge vêtue, nichée dans un écrin de verdure luxuriant et assez encaissé. La pluie nous accueille mais ne nous refroidit pas. Nous sommes accueillis par une hôtesse qui nous explique comment la visite, gratuite, se déroule. On commence par déguster… un verre d’eau de la source Macouba qui est utilisé pour le rhum JM. Après un verre bien frais, nous poursuivons dans le jardin des cannes où se trouvent canne rouge, canne bleue, canne paille, … Elles se ressemblent toutes au niveau des couleurs et des formes, seuls les arômes qu’elles donnent au vesou est différent. On passe par-dessus les moulins, les cuves de fermentations, la tonnellerie, les chais, un petit jardin. L’usine ne tourne plus, la campagne est finie depuis fin juin, mais l’on revoit des choses que l’on connaît et le jardin est superbe, bien que beaucoup plus petit que celui de Clément.
On termine par un atelier olfactif qui propose de découvrir les senteurs que peut dégager un rhum. C’est très intéressant, cela permet de mettre des noms sur les notes aromatiques que l’on peut sentir. Puis la dégustation de la gamme.
Une visite très agréable qui nous laisse un bon souvenir. En route, un chouette restaurant qui porte bien son nom (le Point de Vue) nous permet de nous régaler d’accras, de dorade à la tahitienne, et de poulet colombo ou coq au rhum vieux avec vue sur mer et cocotiers.
Encore une belle journée que l’on termine au bord de notre piscine. Un petit coin de paradis :)






